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QuestionItinéraires & massifs

Horaire de demi-tour : comment le fixer et comment s’y tenir ?

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Je me pose une question de méthode, sans vouloir parler d’une course précise. On répète souvent qu’il faut fixer un horaire de demi-tour avant de partir, mais comment le déterminer concrètement, et surtout comment le respecter quand la sortie se passe bien ?

À mon sens, il se construit à partir de ce que l’on sait du terrain, de la fatigue du moins entraîné et de la fenêtre où la neige reste agréable à skier. Mais en pratique, la tentation de « juste encore un peu » est forte, et elle touche tout le monde. À vérifier sur le terrain, évidemment.

Comment procédez-vous pour que cet horaire ne soit pas qu’une décoration ? Un rappel sonore, une décision collective, un proche qui attend ?

#5

Pour fixer l’horaire, je me base toujours sur la carte, pas sur le GPS. Un GPS vous donne une vitesse moyenne, c’est utile, mais il ne vous montre pas d’un coup d’œil les pentes raides qui vont ralentir le groupe au retour, ni la zone où on pourrait être tentés de couper si la météo se gâte. Avec une carte papier sous les yeux, on repère ces points avant de partir et on cale l’horaire de demi-tour sur un repère visible du terrain, pas sur une heure abstraite. Et toujours avoir un plan B : un deuxième horaire, plus tôt, si le ciel change ou si la neige devient suspecte. Ça peut sauver la sortie, ou au moins la rendre moins pénible à justifier après coup.

#6

Pour être précis, il manque un facteur dans la discussion : la vitesse de descente n’est pas symétrique à la vitesse de montée, et c’est souvent là que l’horaire de demi-tour est mal calé. Techniquement parlant, on monte à un rythme cardio régulier mais on descend par à-coups selon la qualité de neige, la pente, et le niveau technique du groupe. Un groupe hétérogène en technique de virage perdra beaucoup plus de temps en descente qu’en montée, surtout si le terrain impose des conversions fréquentes ou du dérapage faute de maîtrise du carving. Donc l’horaire ne doit pas seulement intégrer le D+ comme le propose denivele42, mais une estimation réaliste du temps de descente du moins technique, pas seulement du moins endurant. Ce sont deux faiblesses différentes qui se cumulent rarement chez la même personne, à vérifier selon le groupe.

#7

Ha ha, tout ça pour dire qu’en raquettes le problème se pose moins : pas de carving à rater, pas de conversion ratée, on marche, un pied devant l’autre. Disons que l’horaire de demi-tour est plus facile à tenir quand la descente ne réserve pas de mauvaise surprise technique. Bref, encore un argument pour les raquettes, même si je sais que ça n’en convaincra pas beaucoup ici.

#8

Bon ça reste entre nous hein, mais ce qui m’inquiète surtout c’est que sur les itinéraires un peu connus, un horaire de demi-tour individuel ne suffit plus : si tu es coincé derrière du monde à la conversion ou dans une trace unique, ton timing part en vrille indépendamment de ta forme ou de ta technique. Franchement y’en a marre de voir ça plein, des groupes qui se calent un horaire nickel sur le papier et qui se retrouvent à attendre vingt minutes dans une file à un passage étroit. Sur les vallons plus tranquilles ce souci n’existe quasiment pas, l’horaire qu’on fixe est celui qu’on tient, sans l’aléa de la fréquentation.

#9

Clairement, @MassifEnColère a raison sur l’aléa de la trace, mais soyons honnêtes, une montée en split rapide et légère te donne justement de la marge sur l’horaire pour absorber ce genre d’attente. Genre, si tu montes plus vite qu’en raquettes ou qu’avec du matos trop lourd, ton horaire de demi-tour a déjà de la rab intégrée avant même de penser à la descente. C’est aussi un argument pour l’ultraléger bien utilisé : pas juste pour le confort, mais pour se créer de la marge de sécurité sur le timing.

#10

Marge de sécurité, marge de sécurité… franchement ça m’agace ce discours. La vraie marge, elle vient surtout du bon sens et de l’expérience, pas d’un gramme en moins sur le dos. J’ai vu plus de groupes en retard parce qu’ils se croyaient increvables avec leur matériel soi-disant performant que parce qu’ils avaient quelques kilos de plus sur une fixation à came simple qui ne lâche jamais. On nous vend du vent avec ces histoires de minutes gagnées à la montée, alors que c’est la lucidité sur l’horaire qui compte, pas le poids du sac.

#11

Tout ça c’est bien beau mais faut y être tôt, point. Si tu pars à l’aube, l’horaire de demi-tour tu le fixes large, tu as de la réserve sur la neige, sur la fréquentation, sur tout. Clairement les galères de timing que décrit @MassifEnColère, c’est souvent des groupes partis trop tard qui se retrouvent coincés avec tout le monde au même endroit. Partir tôt ça résout la moitié des problèmes avant même de discuter d’horaire.

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