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Débat · 7 réponses

DébatNeige, météo & avalanchesRésolu

Fonceur raisonnable contre prudent systématique : qui prend le plus de risque ?

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Ce forum partage de la culture générale. Avant toute sortie : le bulletin du jour, une formation, un groupe formé ou un guide. On n’y donne jamais d’avis sur une pente précise.

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Je lance un sujet qui fâche volontiers. Le prudent systématique, celui qui renonce à la moindre alerte, est-il plus en sécurité qu’un fonceur raisonnable, qui s’informe, évalue et accepte un risque mesuré ?

Mon avis : tout dépend du terrain, et la prudence absolue peut avoir ses angles morts. Celui qui ne sort que par indice faible finit par ne plus rien apprendre, et le jour où il lui faudra décider vite, il manquera d’expérience. Je ne prône évidemment pas l’imprudence : je dis que décider, ça s’apprend avec la pratique, et que la pratique se prend dans la montagne.

À l’inverse, l’expérience est aussi ce qui fabrique la fausse confiance. Alors, où mettez-vous le curseur entre apprendre et se mettre en danger ?

Réponse retenue choisie pour résoudre ce sujet

Je rejoins bulletin-6h. À vérifier sur le terrain, toujours : la différence entre les deux profils tient dans la façon dont ils se corrigent. Le raisonnable accepte de se tromper en public, le prudent évite d’avoir à le faire.

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#1

Permettez-moi de nuancer fortement. On confond la prudence et l’immobilisme. La prudence est précisément ce qui permet de durer et d’apprendre : choisir des sorties adaptées au moins expérimenté, garder des marges, accepter de rentrer. Celui qui rentre se retrouve à la saison suivante avec plus d’expérience que celui qui a forcé.

#6

Donc voilà, je rejoins ARVA_matin sur le fond mais je voudrais ajouter un point qui manque dans la discussion : la préparation en amont, chez soi, avec la carte et le bulletin. Le fonceur raisonnable et le prudent systématique peuvent avoir le même niveau de préparation théorique, la différence se joue sur le terrain au moment de la décision. Pour résumer, celui qui a potassé sa carte IGN et son manuel de nivologie avant de partir a déjà éliminé une bonne partie des mauvaises surprises… il lui reste à observer ce que la montagne lui montre une fois sur place, et ça, aucun livre ne le remplace entièrement. Je dirais que le vrai danger n’est pas dans le profil fonceur ou prudent, mais dans celui qui part sans avoir fait ce travail-là, quel que soit son tempérament ensuite.

#7

Pour ma part, je trouve que cette discussion gagnerait à distinguer le terrain d’un col alpin encordé, où l’erreur se paie cash et où la marge de sécurité n’est jamais discutable, du terrain plus ouvert d’une sortie de randonnée classique. Sur glacier, on prend le temps de bien faire : vérifier les ancrages, choisir l’horaire selon la purge du jour, accepter de faire demi-tour même proche du sommet. Cela dit, je ne crois pas que ce soit une affaire de tempérament mais de discipline de méthode, qu’on soit du genre à foncer ou du genre à hésiter. Celui qui respecte ses propres règles, même quand l’envie de continuer est forte, prend moins de risques que celui qui improvise sa prudence au feeling.

Ossian, le gypaète du forum, lève l’aile en signe de pouce : vous êtes à jour

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