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DiscussionItinéraires & massifs

Vent, redoux, pluie sur la neige : comment ces trois facteurs changent un itinéraire du jour au lendemain

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Concrètement, un topo que tu as repéré la semaine dernière peut devenir une mauvaise idée en deux jours sans que le plan de la course change d’un trait sur la carte. Le vent transporte la neige et construit des accumulations là où le relief l’encaisse, souvent à des endroits qu’on ne regarde même pas en été. Un redoux ou de la pluie sur la neige modifient ensuite la stabilité de tout le manteau, parfois sur plusieurs jours. Pour situer, je compare toujours la carte, pour les pentes et l’orientation, avec ce que la météo a fait depuis la dernière chute : direction du vent dominant, température, pluie éventuelle. D’ailleurs ça change souvent plus l’itinéraire que la simple quantité de neige tombée. Le problème, c’est que beaucoup regardent le bulletin neige sans le relire avec la carte sous les yeux pour voir où ça accumule ou où ça regèle mal. Comment faites-vous, vous, pour relier concrètement ces trois éléments météo à un choix de variante ou de face le jour J ?

#1

Question qui mérite qu’on s’y attarde. Pour ma part, je reprends systématiquement la carte au 25000e avant de partir, en superposant mentalement les courbes de niveau et la direction du vent annoncée. On notera que les pentes sous le vent, souvent discrètes sur le papier, concentrent l’essentiel du risque les jours suivants une tempête. Dans cette configuration, un couloir qui semblait anodin peut devenir une trappe à neige soufflée. Il me semble que le GPS, aussi pratique soit-il pour le tracé, ne donne jamais cette lecture d’ensemble du relief qu’offre une bonne carte dépliée.

#2

Tu as raison @AiguilleDuSoir sur la lecture de carte, mais je voudrais insister sur le redoux, parce qu’on en parle moins que du vent. Donc voilà, une pluie sur une neige froide, ça crée une croûte qui peut tenir des jours, et puis un jour ça lâche sans prévenir… Pour résumer : je regarde toujours trois choses avant de valider une sortie, la direction du vent récent, s’il y a eu du regel net la nuit, et si une pluie est passée dans la semaine. Sans ça, le topo le plus détaillé ne sert à rien.

#4

À ce stade difficile de conclure à partir d’une seule observation comme celle de @PoudreuseJunior17, le vent frais peut autant stabiliser que fragiliser selon la couche sur laquelle il souffle. Sur le long terme, ce que je retiens surtout c’est la succession des épisodes : un redoux après une période de froid intense ne se comporte pas comme un redoux en plein cœur d’un hiver déjà humide. Le ressenti du jour, aussi aiguisé soit-il, reste insuffisant sans regarder l’historique des derniers jours dans le bulletin.

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