On parle beaucoup de plaques à vent et de couches fragiles persistantes, mais je trouve qu’on sous-estime souvent l’effet d’un redoux marqué ou d’une pluie sur l’ensemble du manteau. En l’occurrence, l’eau libre qui percole dans la neige ne fait pas qu’alourdir la couverture superficielle : elle peut dissoudre les ponts de liaison entre grains, lubrifier une interface déjà fragile, ou au contraire, une fois regelée, créer une croûte qui stabilise temporairement la surface tout en isolant une couche fragile sous-jacente qui restera active plus longtemps que prévu. Le problème, c’est que les échelles de risque classiques traitent ça de façon binaire alors que la réponse du manteau dépend énormément de l’état antérieur de la neige, de l’intensité et de la durée de l’épisode, et du refroidissement qui suit ou non.
Je trouve qu’on devrait davantage insister sur cette complexité dans les discussions de prévention, plutôt que de réduire ça à un simple « il a plu donc c’est dangereux puis ça se stabilise ». Qu’en pensez-vous, comment intégrez-vous ce facteur dans votre lecture du bulletin ?