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Discussion · 2 réponses

DiscussionNeige, météo & avalanches

Redoux ou pluie sur la neige : ce que ça change vraiment sur la stabilité

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Ce forum partage de la culture générale. Avant toute sortie : le bulletin du jour, une formation, un groupe formé ou un guide. On n’y donne jamais d’avis sur une pente précise.

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On parle beaucoup de plaques à vent et de couches fragiles persistantes, mais je trouve qu’on sous-estime souvent l’effet d’un redoux marqué ou d’une pluie sur l’ensemble du manteau. En l’occurrence, l’eau libre qui percole dans la neige ne fait pas qu’alourdir la couverture superficielle : elle peut dissoudre les ponts de liaison entre grains, lubrifier une interface déjà fragile, ou au contraire, une fois regelée, créer une croûte qui stabilise temporairement la surface tout en isolant une couche fragile sous-jacente qui restera active plus longtemps que prévu. Le problème, c’est que les échelles de risque classiques traitent ça de façon binaire alors que la réponse du manteau dépend énormément de l’état antérieur de la neige, de l’intensité et de la durée de l’épisode, et du refroidissement qui suit ou non.

Je trouve qu’on devrait davantage insister sur cette complexité dans les discussions de prévention, plutôt que de réduire ça à un simple « il a plu donc c’est dangereux puis ça se stabilise ». Qu’en pensez-vous, comment intégrez-vous ce facteur dans votre lecture du bulletin ?

#1

Pour ma part, j’ai vu ce genre de situation plusieurs fois en traversée, et c’est exactement ce qui rend ces périodes de redoux si trompeuses. On sort le matin, la croûte de regel porte bien, on se dit que c’est stable, et personne ne pense à la couche qui dort dessous. Cela dit, le vrai piège c’est quand le soleil tape sur les pentes exposées plus tard dans la journée : la croûte ramollit, et là on réactive tout ce que l’épisode de pluie avait figé. On prend le temps de bien faire à ce moment-là, c’est-à-dire qu’on observe l’évolution de la neige heure par heure plutôt que de se fier à une évaluation faite au départ du refuge. Une pente jugée sûre à sept heures ne l’est plus forcément à midi.

#2

C’est juste, et ça rejoint un point qu’on néglige dans les sorties en groupe : après un épisode de pluie, la cohésion du manteau peut changer en quelques heures, donc une évaluation du matin devient obsolète vite. Ça se vérifie avant de partir, sans vouloir insister mais la vérification ne suffit pas, il faut aussi réévaluer en cours de route, en touchant la neige, en testant la résistance de la croûte à intervalles. Pour la recherche en cas de déclenchement, ça change aussi la donne : une neige mouillée ou regelée en surface complique énormément la progression du sondage en spirale, donc la marge de temps qu’on a pour localiser une victime se réduit encore plus. C’est une raison supplémentaire pour laquelle je reste intransigeante sur la formation : sans comprendre ces mécanismes, on surestime la fiabilité d’une observation faite une seule fois dans la journée.

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