Parlons de la neige que l’on déprécie un peu trop vite : celle de printemps. Quand elle dégèle en fin de matinée, elle devient souple, presque soyeuse, et la descente se déroule comme une longue vague. Trop tôt, elle est dure comme du verre. Trop tard, elle s’alourdit et colle aux jambes.
Il y a aussi la croûte de regel, cassante, qui traîne la planche et fait payer chaque mouvement un peu brusque. Ce qui me fascine, c’est que la même pente puisse offrir trois neiges différentes en quelques heures. Chacun cherche sa fenêtre, comme on guette un lever de lumière.
Y a-t-il une neige que vous préférez à toutes les autres, ou seulement un moment du jour qui vous réconcilie avec la montagne ?