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DiscussionItinéraires & massifs

Jour blanc : comment continuer à lire le relief quand on ne voit plus rien

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Le jour blanc est à mon sens l’une des situations les plus trompeuses qui soient en montagne hivernale. On perd toute notion de pente, de creux, de corniche, et l’œil invente des formes qui n’existent pas. Beaucoup de jeunes pratiquants se fient uniquement à l’écran de leur téléphone dans ces moments-là, en oubliant que la trace GPS ne dit rien du relief réel sous les pieds.

Notons que la méthode ancienne reste, pour moi, la plus sûre : avant même de partir, on étudie la carte, on repère les ruptures de pente, les barres rocheuses, les zones de corniches possibles, et on mémorise des points de passage avec des caps précis à la boussole. Un bâton planté devant soi, lancé dans la neige, donne aussi une indication sur la pente que l’œil ne perçoit plus.

À votre avis, quelles sont vos méthodes personnelles pour continuer à lire le terrain quand la visibilité fausse complètement la perception du relief ?

#1

Il faut être clair : en jour blanc sur terrain engagé, la seule vraie réponse c’est de ne pas y aller, ou de rebrousser immédiatement si les conditions se dégradent en cours de route. Je le redis, un bâton planté dans la neige ne vous dira jamais s’il y a une rupture de pente ou une corniche sous vos pieds. Sur pentes raides ou à proximité de crêtes, ce n’est pas sérieux de compter sur des méthodes approximatives pour compenser une visibilité nulle. La préparation en amont avec la carte, oui, entièrement d’accord avec @CartoAncienne, mais elle ne remplace pas le renoncement quand le terrain devient illisible en temps réel.

#2

Je rejoins @CartoAncienne sur l’intérêt du repérage préalable des ruptures de pente et des zones à risque. Mais à ce stade il me semble utile de rappeler qu’un jour blanc isolé ne doit pas faire oublier le contexte du manteau neigeux sur la durée : une neige transformée et stable rendra une erreur de lecture du relief moins grave qu’une couche fragile récente. Sur le long terme, j’observe que les accidents en visibilité dégradée surviennent souvent après plusieurs épisodes de chute suivis de vent, pas par hasard isolé. Difficile de conclure uniquement sur la base d’une technique de navigation, il faut croiser cela avec les données du bulletin, pas seulement avec le ressenti du moment.

#3

Pour ma part, j’ajouterais l’intérêt de la mémoire du terrain acquise lors de passages par beau temps. Quand on connaît déjà un itinéraire, on sait où se trouvent les replats, les ressauts, les abords d’un col, et cela aide énormément quand le blanc efface tout. Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec @AltitudeFroide sur le renoncement : on prend le temps de bien faire, et parfois bien faire, c’est redescendre. J’ai souvent vu des cordées perdre toute notion d’horizontalité en jour blanc près d’un glacier, et c’est justement là que la prudence et la connaissance préalable du terrain valent plus que n’importe quel gadget électronique.

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