Les zones de quiétude, on les connaît surtout parce que les gens du coin les expliquent. Le problème, c’est le touriste pressé qui ne regarde pas les panneaux. Sans méchanceté, mais avec une certaine lassitude.
À la veillée, on en parle souvent, et c’est utile : un gardien explique aux autres ce qu’il vaut mieux éviter. Il y a là une transmission précieuse qu’on gagne à valoriser.
Je suis d’accord avec vous deux. La transmission orale vaut souvent mieux que les panneaux, mais les panneaux restent nécessaires pour ceux qui n’entendent pas.
Selon le topo, ces zones sont souvent signalées, et il faut vérifier les informations à jour avant de partir. J’ajoute que remporter ses déchets semble évident, mais c’est le geste le plus souvent négligé.
Pour ma part, j’ajouterais une dimension qui concerne directement nos choix d’itinéraire en traversée. On a tendance, dans les grandes courses, à vouloir enchaîner les sommets et les cols sans trop se poser la question du détour qui éviterait une combe où l’on sait que le gibier se tient l’hiver. Cela dit, un bon guide ou un gardien de refuge connaît ces endroits et sait proposer une variante, quitte à perdre un peu de temps. On prend le temps de bien faire, justement, et c’est aussi une marge de sécurité pour nous : une zone calme pour la faune est souvent une zone moins exposée, moins fréquentée, où l’on skie sur une neige qu’on a mieux pu juger. Je trouve dommage que la recherche de performance pousse certains à couper tout droit dans des secteurs qu’on évitait autrefois par habitude plus que par consigne écrite. Les anciens connaissaient ces coins sans avoir besoin de panneau, simplement parce qu’ils avaient observé, saison après saison, où la vie se concentrait quand le froid serre. C’est peut-être cette observation lente qu’il faudrait retransmettre, plus que la seule règle.